Entretien au Sunset à Paris avec Christian Toucas, juin 2007, paru dans la Jazzette n°57, 17 juillet 2007, avant le concert dans les grottes
Savez-vous ce que vous allez jouer ?
Pas encore exactement. Des compositions personnelles et du Chopin, quelques standards de jazz, des morceaux d’inspiration sud-américaine. Je vais aussi improviser, me laisser guider par l’insolite du décor. La grotte m’inspire.

Savez-vous comment votre instrument se comporte dans ce milieu particulier ?
Il est comme moi, comme un poisson dans l’eau. C’est un instrument à vent ; l’air entre et sort par les soufflets, il permet la polyphonie, elle vient en résonance. L’accordéon et la grotte s’amusent avec les harmonies. En plus, comme le son est naturellement amplifié, je n’ai pas besoin de forcer, les notes sont d’autant plus belles. Je vais pouvoir exploiter les sons avec une amplitude énorme, mélanger les graves et les aigus, c’est unique.

Allez-vous jouer seul ?
Non, il y aura deux instruments: la grotte et l’accordéon.

Quand on vous écoute, on remarque à la fois une énorme joie de vivre, une musique très gaie mais en filigrane une pointe de nostalgie. Comment expliquer cette ambiguïté ?
C’est lié à mon histoire personnelle. Enfant, je me suis imprégné de musique avec mon grand-père, qui jouait de l’accordéon et ma mère qui chantait des airs tristes de tradition portugaise, la « saudade ». Par la suite, j’ai découvert les musiques brésiliennes, plus généralement sud-américaines et enfin le jazz. Comme je suis de nature joyeuse, tout ceci se combine, parfois s’affronte et l’un prend le pas sur l’autre, la tristesse sur l’enthousiasme ou la joie sur la nostalgie.
Et il éclate de rire.