Steel, Saxes and Sound

entretien avec Pierre-Olivier Govin et Guillaume Kervel avant un concert donné dans les grottes de Lacave (juillet 2005)

Nous aimerions avoir un entretien à deux voix, compendre la constitution de ce duo insolite - steel-drums et saxophone - dans un lieu de concert insolite, des grottes.
P.O. : ce duo a été conçu à l'origine pour jouer dans une église, à forte réverbération sonore et les grottes apportent encore plus de réverbération, ce qui ne peut qu'être plus satisfaisant pour notre musique. On peut même dire que les grottes sont le troisième instrument et que nous en jouerons. Pour remonter dans le temps, nous nous sommes rencontrés lors d'un concert de Polysons en 2000. Nous avions invité Guillaume ainsi que Karim Ziad et Linley Marthe qui constituent les membres de notre quartet [Avatar Groupuscule]. Le duo est en fait issu de ce quartet.

Guillaume, quel est ton parcours musical ?
G.K. : j'ai commencé la batterie dans des groupes de rock à Cahors. C'est ensuite que je me suis spécialisé dans les steel-drums. Maintenant, j'ai mon propre steel-band de soca, Pan à Panam, mais avant j'avais joué notamment avec Emmanuel Bex dans son Bextet. Au fait, Michel Lemeurs est constructeur de steel-drums à Lalbenque et il y a fondé un steel-band.

A partir du quartet, plusieurs combinaisons étaient possibles, pourquoi avoir choisi un duo saxophone et steel-drums ?
P.O. : Il y a trop d'écho dans les grottes pour pouvoir jouer de la batterie et le son de la basse serait recouvert.

Guillaume, qu'est-ce qui change pour toi lorsqu'il n'y a pas de batterie ?
G.K. : rien dans la rythmique. Par contre, lorsque je suis avec un batteur, je dois jouer très fort car le volume sonore du steel-drum est relativement faible. Sans batterie, je vais me reposer (rires).

Guillaume, quelle est la spécialité de ton instrument ?
G.K. : en fait, j'en ai trois: un four pan, un ténor pan et un oversize pan. Je frappe avec des mailloches que je me suis fabriquées. Mais, dans un steel-band, chaque steel-drum joue une mélodie et la superposition de chaque mélodie donne la musique du band. Avec P.O., je suis seul et je joue donc les accords.

On a beaucoup parlé des steel-drums, si on parlait des saxophones ?
P.O. : c'est comme Guillaume, j'en ai plusieurs. Pour les grottes, j'ai un soprano, un alto et un baryton. Ça me permet de multiplier les sonorités et les couleurs.

P.O., tu écris la musique, que peux-tu nous en dire ?
P.O. : que c'est génial (rires). J'essaie de combiner la richesse harmonique occidentale avec la polyrythmie africaine. Les africains sont les meilleurs, les rois du rythme. Mais il y a une place importante laissée à l'improvisation contrairement à la musique africaine. Je suis aussi influencé par John Coltrane, Herbie Hancock...
G.K. : ce qui caractérise cette musique, c'est la liberté, l'ouverture.